Institut du Genre

Groupement d’Intérêt Scientifique dédié aux recherches françaises sur le genre et les sexualités.

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Pratiques sexuelles et pratiques sexuées à l’âge séculier

Appel à communications

lundi 26 octobre 2015, par Equipe GIS IdG

Pratiques sexuelles et pratiques sexuées à l’âge séculier. Religiosité et performance de genre dans la vie intime et affective des (non) croyant-e-s

- Journée d’étude
Paris, 19 mai 2016

Campus Condorcet - EHESS, EPHE, INED, Paris 8, Université Lyon 2

Argumentaire
Dans les dernières décennies, les sciences sociales ont été confrontées à plusieurs
transformations importantes du champ du religieux : la pluralisation du paysage religieux et la diffusion de nouvelles formes de spiritualités, la perte de pouvoir
régulateur des grandes institutions religieuses, le développement des
accommodements individuels, etc. L’observation de ces évolutions a revivifié le débat
autour de la notion de « sécularisation » (Berger, 1999 ; Monod, 2002 ; Tschannen,
1992) : plutôt que comme un processus linéaire et inéluctable de disparition du
religieux, il serait à penser comme une profonde reconfiguration des modalités du
croire (Hervieu-Léger, 1999 ; Rochefort, 2014 ; Willaime, 2004).

Tous les domaines de l’existence sont touchés par ces transformations du religieux
qui caractérise « l’âge séculier » (Taylor, 2011). La sexualité des individus – croyante-
s ou non – constitue un domaine dans lequel les effets de ces mutations apparaissent
particulièrement sensibles. En effet, jusqu’à une période récente, la religion (en
France, principalement la religion catholique) encadrait strictement la sexualité des
fidèles, à partir de rites, d’interdits ou par la mise en place et le respect d’une éthique
sexuelle spécifique (Bozon, 1999 ; Flandrin, 1986 ; Maître et Michelat, 2002). De
manière indirecte, elle structurait, aussi, celle des non-croyant-e-s, par l’influence du
droit, notamment (Feuillet-Liger et Portier, 2012). C’était alors principalement la
confession qui assurait ce contrôle de la sexualité, « l’explosion discursive » autour de
la sexualité permettant de connaître, surveiller et contrôler les corps et les esprits
(Foucault, 1976).

Qu’en est-il aujourd’hui ? Que reste-t-il de cette force régulatrice des comportements
intimes que possédaient les religions instituées ? De nombreuses études montrent que les individus construisent leurs rapports à leur foi, aux institutions et aux normes
religieuses sur le mode du « bricolage » (Bastide, 1970 ; Hervieu-Léger, 1999 ; Mary,
1993). Loin d’être passifs et passives, les croyant-e-s se réapproprient les normes et
injonctions religieuses. Ils et elles possèdent une capacité d’agir (agency) qui leur est
propre et qui les conduit à réinterpréter ces normes (Rochefort et Sanna, 2013 ;
Sevegrand, 1995).

Ces considérations générales ne s’appliquent cependant pas à l’ensemble des croyante-s de façon uniforme : il faut notamment remarquer l’importance des effets de genre(Mathieu, 2013), qui sont particulièrement présents sur les questions sexuelles. Les nombreuses études et enquêtes sur la sexualité montrent bien que malgré un
rapprochement certain sur plusieurs points, les pratiques, relations et représentations
sexuelles des hommes et celles des femmes diffèrent encore par bien des aspects : que l’on pense par exemple aux violences sexuelles, aux représentations associées à
l’homosexualité, à l’articulation entre désir amoureux et rapport sexuel (Bajos et
Bozon, 2008 ; Jaspard et Chetcuti, 2007 ; Maître et Michelat, 2002 ; Rault et Hamel,
2014).

Le parti pris de cette journée d’étude est d’interroger l’articulation entre religion(s) et
sexualité(s) en partant non pas des normes religieuses, mais des pratiques –
religieuses et sexuelles –, qui sont inévitablement sexuées. Ce renversement de
perspective constitue, selon nous, une manière de poser un regard nouveau sur ces
objets de recherche. Par ailleurs, l’intérêt porté au paradigme de la « sécularisation »
conduit à interroger à la fois les pratiques, plus ou moins sécularisées, des croyant-e-s mais aussi à se placer du point de vue des non croyant-e-s. Le choix de ne pas imposer de définition stricte de la (des) religion(s) participe de cette même
préoccupation, conduisant à multiplier les approches et à offrir un panorama large de
ce qu’est le religieux aujourd’hui. Nous souhaitons croiser de multiples points de vue
théoriques, disciplinaires (sociologie, histoire, sciences du religieux, linguistique, etc.)
et méthodologiques (entretiens, observations ethnographiques, statistiques, archives
historiques, analyse des discours, etc.). Les trois axes définis ci-après sont présentés à titre indicatif.

  • AXE I : Catégories, identités et enjeux intersectionnels
  • AXE II : Religion(s) et sexualité(s) au prisme de la « performance »
  • AXE III : Dispositifs d’accommodement : entre pratiques et discours

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Pratiques sexuelles et pratiques sexuées à l’âge séculier

Pour plus de précisions voir le programme complet ci-contre :

Comité scientifique :

  • Marion Maudet (porteuse du projet), doctorante EHESS-GSRL/IRIS
  • Romain Carnac, doctorant EPHE-GSRL / Rennes 1
  • Caroline Muller, doctorante, Université Lyon 2 / LARHRA
  • Josselin Tricou, doctorant Paris 8 / LEGS /

Conditions de soumission :

Les propositions peuvent atteindre 3000 signes.
Celles-ci sont à accompagner d’une courte présentation biographique et à envoyer au plus tard le 15 janvier 2016 aux adresses suivantes : romain.carnac@gmail.com ; marion.maudet@gmail.com ; josselintricou@gmail.com ; ccarolinemuller@gmail.com.

Si votre proposition s’inscrit dans un des trois axes décrits ci-dessus, merci de le préciser dans la proposition.

Les réponses seront communiquées au plus tard le 15 février 2016.